Short cuts…

Une nouvelle réforme est entrée en vigueur pour tenter de maîtriser les tenues des lycéens, devenues indécentes selon certains. Mais qu’est-ce qui est glamour ? Sexy ? Vulgaire ? A vrai dire, la question continue d’exister dans beaucoup de garde-robes même après le lycée, parce que s’habiller, c’est chercher à susciter ce qu’il y a de plus subjectif : une réaction. Alors oui, on récolte plus de « ouech mademoiselle » en se baladant en minijupe qu’en salopette xxl (quoique…), le problème n’est pas dans la minijupe mais bien de le « ouech mademoislle » et sa suite : le risque induit par la réaction.

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Une vitrine ne donne pas nécessairement droit au libre accès, c’est peut-être là qu’il faut placer l’intransigeance ? Est-ce la solution de faire croire à une jeune fille qu’elle est vulgaire plutôt que de punir ceux qui ne sauront pas se contrôler en la voyant? Je ne suis pas sûre. Tout comme je ne suis pas sûre du côté recevable d’un tel débat de protection et de prévention, quand la société même, fonctionne désormais autrement, quand la tendance de la vie est à la surexposition ? Où sont les limites ? Quelles sont les nouvelles sphères quand on est facebook friend avec son boss, son mec et son père, que tous trois laissent des comments côte à côte ? Finalement, en mettant tout à disposition, on ne donne plus grand-chose à se faire renvoyer à la figure, on est intégralement ce qu’on montre et vice versa. Mais tout ça, cette transparence, n’est-ce pas la définition même de la disparition du désir ? La principale conséquence de cette disparition du dévoilement progressif est en effet dans le couple.

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Avant, on prenait le temps de se séduire dans l’apparence et le temps, aujourd’hui c’est ici &maintenant, like&comment. L’endurance de l’enthousiasme amoureux tient à la capacité à répondre dans l’heure à un sms sans réel contenu clair. Soudain les phrases reviennent : « Je lui ai envoyé « comment ça va » hier, pas de réponse, je lâche l’affaire », « j’ai trop déconné, j’ai pas mis de « s » à « bisou » à la fin d’mon sms », comme si ça avait un réel sens dans un langage amoureux qui fonctionne… Avant on s’écrivait des lettres, on attendait des réponses, on attendait un appel sur un fixe une semaine ou deux, et le temps était le prix basique à payer.

Le problème au lycée, ce n’est pas tellement qu’on n’apprend plus aux jeunes à s’habiller, mais à faire fantasmer correctement, pénurie de cours de séduction civique, de sciences naturelles de désir… Peut-être qu’au lieu d’une interdiction du symptôme, le retour à la satisfaction commence par travailler sur la cause, élargir le monde des possibles de l’habillage des relations en montrant que le plaisir peut aussi se trouver dans la fabrication consciente du fantasme, et pas seulement sa consommation. Ok pour l’arrêt du micro-short, mais à quand une p’tite projection des Liaisons Dangereuses en cours (et dans la vie…) ?

Lily

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2 commentaires sur “Short cuts…”

  1. [...] vestimentaire à l’école propose une réflexion qui me semble très pertinente : «ce n’est pas tellement qu’on n’apprend plus aux jeunes à s’habiller, mais à faire fantasme…». Bien dit ! [...]

  2. Lily Young dit :

    merci du comment!

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