Cher Stan, c’est curieux, mais ton billet ne me surprend pas… En tout cas, ce we, nous étions « connectés » ! J’allais justement écrire sur cette chère famille Noël. Figure-toi qu’une amie m’a décrété que je croyais encore au bonhomme rouge (alors que je racontais quelque chose de très sérieux tu imagines…), et ça m’a perturbée. Moi, le père Noël, je n’y ai (presque) jamais cru. Alors j’ai quand même fini par me poser des questions, et j’ai découvert que je m’étais menti, et qu’ils étaient plusieurs dans ma vie ! Bon, ils ne s’appellent pas tous toujours Noël, mais le phénomène récurrent est bel et bien là.
Laissons de côté la barbe blanche et le traîneau, si je reprends les données de façon basique, un homme, plutôt bon vivant, qui connaît mes désirs sans que je ne lui en ai parlé directement, attend que je sois enfin endormie pour venir me voir et repartir ni vu ni connu par la cheminée… En gros, Santa Claus, c’est ma première Love Story foireuse, le package racontable de la frustration d’adulte, parce que franchement, aucun enfant normalement constitué n’irait chercher ça tout seul!
On croit au Père Noël parce que c’est dans notre ADN de désirer ce qui ne tient pas la route. Un symbole de notre paradoxe existentiel ? Possible… Et c’est peut-être pour ça qu’il nous touche à n’importe quel âge, bien qu’on sache toujours au fond que ça ne colle pas cette histoire. Non, ce qui fait que l’on y croit, c’est encore une fois qu’on voudrait être aimé de quelqu’un qui nous accorde un infime intérêt, qui fait passer pour des merveilles. Ceci dit, le père Noël a peut-être bien un cadeau pour nous. Lui qui réussit à se faire aimer de la terre entière depuis des siècles, ce qu’il a à offrir de plus évident, c’est sa technique de séduction, dont on peut déjà identifier les grands principes :
-Se faire rare (une apparition par an)
-S’habiller de façon singulière, (avec une couleur plutôt remarquable )
-S’adresser aux gens dans leur sommeil et se faire une image accessible tout en restant intouchable (arriver par des moyens bizarres et repartir par l’issue la plus improbable).
Bon ben, on dirait que dans un monde pour gens normaux, se faire désirer, c’est pas gagné ! Merci papa Noël, et quand tu descendras du ciel, il faudra qu’on ait une petite conversation…
Enfin pour les messieurs que cette interprétation laisserait encore sceptiques, vous pouvez toujours écouter les conseils de Stan et cliquer sur les dessous de Noëlle. On verra si tout cela n’est pas qu’une histoire de désir…
Lily
Petites précisions sur l’histoire de Papa Noël :
Des histoires dans l’histoire, la vie de Papa Noël n’est pas si simple à retracer. Le Père Noël apparaît assez tard en France, par rapport à son collègue américain, plus couramment appelé Santa Claus, lui-même déformation du néerlandais Sinter Klaas, lui-même dérivé du St Nicolas, délaissé par les européens. Ce dernier portait déjà un grand manteau, une barbe, et venait en aide aux enfants en danger. Le père Noël est aussi largement inspiré de Julenisse, un lutin nordique qui apporte des cadeaux, ainsi que du dieu celte Gargan, (qui inspira le Gargantua de Rabelais) et du dieu viking Odin, qui descendait sur terre pour offrir des cadeaux aux enfants scandinaves. 3 grandes étapes pour en arriver au personnage que nous connaissons bien :
-Le 23 décembre 1822, le pasteur américain Clement Clarke Moore publie un poème intitulé A Visit from St Nicholas, où un lutin dodu et sympathique parcours le pôle Nord en traîneau pour distribuer des cadeaux aux enfants.
-1860, le journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly représente Santa Claus vêtu d’un costume orné de fourrure blanche et d’une large ceinture de cuir.
-1931 Coca-cola reprend dans une publicité l’image du Père Noël et en propulse la popularité.